(aka, la vengeance des Indestructibles)

Jeudi 25 octobre, alors que notre TGV pour Lyon venait de s'ébranler, l'Homme a reçu le SMS suivant de la part de nos copains lyonnais :

Maintenant que le train a démarré, on peut vous le dire,

M. Indestructible a eu la gastro hier.

Frisson d'horreur et d'incompréhension chez l'Homme et moi, surtout que traditionnellement, c'est nous qui fourgons nos microbes aux Indestructibles et pas le contraire !

On a très sérieusement songé à remonter dans le premier TGV pour Paris dès notre arrivée, mais c'était sans compter sur le comité d'accueil Indestructibles qui nous a mis le grappin dessus à la descente du train pour nous escorter dans leur nouveau home sweet home.

Une fois installés, et après une longue conversation avec M. Indestructible, on s'est finalement convaincu qu'il ne s'agissait probablement pas d'une véritable gastro, mais plutôt d'une petite intoxication alimentaire de rien du tout, et puis on a passé un très bon week-end.

Pauvres naïfs que nous sommes...

Mercredi 28 octobre au matin, l'Homme et Porcinette agonisaient chacun au fond de leur lit (enfin, surtout l'Homme hein), après avoir passé la nuit à vomir. Gruffalotte de son côté jouait paisiblement au salon, et je suis donc partie prendre ma douche tranquillement.

Intermède : Avec l'Homme, on a longtemps surnommé Gruffalotte Bébé Blitzkrieg, en raison de sa capacité à faire des bêtises en un temps record dès qu'on avait le dos tourné. Il semble que ce surnom ne soit toujours pas usurpé. 

Après la douche je suis descendue préparer le petit déjeuner de Gruffalotte. Je l'ai retrouvée enfarinée de la tête aux pieds, parce qu'en mon absence elle était allée fouiner dans le placard à fournitures créatives (peintures, pâte à modeler et cie), où elle avait mis la main sur le tupperware contenant le plâtre pour les moulages. Plâtre qui était donc disséminé partout dans le salon et le coin repas, et où elle avait aussi pris soin de vider les perles de rocailles et les petites perles en bois que les filles utilisent pour se faire des colliers...

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Vision d'horreur au pied de l'escalier, après avoir déjà ramassé les perles en bois (mais pas la rocaille, foutue), mais sans regarder du côté du tapis qui est aussi constellé de traces blanches. 

La journée commençait bien.

Il a donc fallu laver Gruffalotte, et puis surtout balayer le plâtre mélangé aux rocailles (avis à ceux qui l'ignorent, les particules de plâtre sont très fines et si vous tentez d'en aspirer une grosse quantité, comme c'était le cas ici, c'est un coup à boucher le filtre de votre aspirateur et à le flinguer, je sais de quoi je parle, je l'ai déjà fait. Donc on balaye le plâtre d'abord et on passe juste un coup d'aspi à la toute fin quand il ne reste presque plus rien), avant de se mettre en route pour le centre des loisirs et y déposer Miss catastrophes.

Après quoi je suis partie retrouver Totorelle, qui avait passé la nuit chez Satsuki sa meilleure copine, au Musée Bourdelle, où elle était inscrite à un atelier le matin même dans le cadre de sa journée spéciale.

Second intermède : Depuis début septembre, Satsuki est la grande soeur d'une petite Meï, dont l'Homme est le (très fier) parrain. Mardi soir l'Homme avait donc déposé Totorelle chez sa copine et en était revenu scandalisé

Ils m'ont même pas laissé prendre Meï dans mes bras !

Quand je pense au nid de germes ambulants que représente notre famille, je ne peux que saluer la prudence de nos copain...

Je retrouve donc Totorelle, Satsuki et son papa devant le musée. Dès que j'annonce à Totorelle que sa soeur et son père ont une gastro, celle-ci se plie en deux et déclare avoir envie de vomir, manifestement atteinte du syndrome classique de si ma soeur et malade alors moi aussi, y'a pas de raison que y'en ait que pour elle non mais ho ! Mais bon fausse alerte, Totorelle part à l'atelier avec sa copine et je pars prendre un café avec le papa de la copine, que je rassure au passage. Non ils ne sont pas psychorigides avec sa femme. Oui ils ont eu sacrément raison de ne pas laisser l'Homme prendre le bébé dans les bras hier soir...

Après l'atelier, on va tous les quatre manger au Maqueudoh, parce que Journée Spéciale quoi, et puis on prend le métro du retour pour Ivry.

Cinq stations avant notre arrivée au terminus de la ligne 7, Totorelle lève vers moi ses grands yeux :

Maman j'ai mal au coeur, je vais vomir.

Et pof elle vomit toutes ses frites.

Au milieu de la rame de métro.

Pas la classe.

Pas à Dallas (ou ailleurs)

Et en plus j'ai mal au coeur aussi mais je résiste vaillamment.

Mais bon, on ramène tout ce petit monde à la maison où je me lave quatre fois les mains de suite (l'espoir fait vivre, tout ça là) et on se pose deux heures en attendant la séance de 16h30 de notre cinéma de quartier chéri (pour revoir Vice Versa). De retour du cinéma, l'Homme s'absente à son tour pour une réunion avec les voisins (au sujet des travaux de la verrière qui sont pas toujours pas finis, mais là c'est vraiment une autre histoire et ce post est bien assez long comme ça, donc ce sera pour une autre fois) et je reste seule avec les trois mini-manchottes.

  • 18h45 : Quand même faudrait que je fasse à manger.
  • 18h47 : Ah j'ai trop mal au coeur et j'ai carrément pas faim.
  • 18h49 : Bon je vais faire du riz blanc pour tout le monde, vu notre état ça sera pas du luxe.
  • 18h51 : Allez j'y vais.
  • 18h55 : Cette fois c'est bon j'y vais.
  • 19h00 : Allez Chofie, tu peux le faire !
  • 19h30 : Le riz est finalement prêt, par contre moi ça va vraiment pas, j'envoie un SMS à l'Homme pour l'informer avec tact et subtilité que j'aimerais bien le voir rentrer à la maison dans un futur très proche, voire immédiat,

Ramène tes fesses je vais mourir.

  • 19h32 : L'Homme est de retour, prend en charge la suite des opérations tandis que je me précipite à la salle de bain à l'étage.
  • 19h33: Ah tiens, rebonjour mon déjeuner !
  • 19h35 : Dodo.

Voilà, voilà, on peut donc dire que cette année, la journée spéciale de Totorelle aura été vraiment spéciale, et mémorable. Mais bon, grâce à Vice Versa, j'ai appris que les souvenirs peuvent toujours comporter un aspect heureux et un aspect triste. Alors pour la postérité, on va s'efforcer de retenir que le Musée Bourdelle est un très beau musée dont le jardin est un havre de paix au coeur de Paris, et que Vice Versa est ma fois un fort excellent film. Et quant au reste de la journée, on va s'efforcer de le faire sombrer dans l'oubli...