Le soir, quand je rentre de la fac sur mon petit vélo et que je suis à l'arrêt au feu je regarde autour de moi, j'en reviens toujours pas.

On est vraiment parti·e·s à Berlin avec toute la smala.

Je veux dire, à la base j'étais juste assise avec l'Homme sur un banc dans un parc berlinois un beau jour d'août 2016. On regardait les mini-manchottes s'amuser dans un chateau fort en bois, et on s'est dit qu'on poserait bien nos valises dans cette ville pour un peu plus que deux semaines.

Et on l'a fait.

On a la chance infinie l'un et l'autre de servir la science, ce qui permet parfois une certaine mobilité professionnelle. Donc on a trouvé des laboratoires de recherche pour nous accueillir, et puis on a demandé des sous (y'a des agances de coopération franco-allemandes pour aller servir la science à l'étranger). En l'occurence il fallait surtout que l'Homme obtienne le feu vert de son université (et avec la première vague de CoVid du printemps dernier ça a pris un certain temps). On a aussi la chance que Berlin est une ville suffisamment grande pour héberger des labos de recherche adaptés à nos thématiques respectives. D'ailleurs la plupart des gens qu'on croise sont surpris qu'on ait pu continuer à bosser tous les deux, vu qu'ils s'attendent généralement à ce que l'un·e (oui bon, en vrai c'est surtout moi) ait pris un an de congé pour suivre l'autre.

Et on l'a fait.

Après il fallait trouver une piaule, scolariser les filles, gérer le déménagement, gérer le suivi du courier, planifier les rendez-vous médicaux de Gruffalotte de l'année à distance...

Fait, fait, fait, fait.

Et cerise sur le gâteau, j'ai même trouvé des cours de violoncelle et de hautbois pour les deux grandes manchottes, donc elles peuvent continuer à pratiquer un instrument de musique. Plus généralement je ne sais pas ce que les mini-manchottes garderont de cette expérience. Mais bon, pour le moment elles semblent assez satisfaites de leur existence, ce qui suffit à faire mon bonheur.

Donc voilà, trois mois après notre installation, je n'en reviens pas qu'on ait réussi à faire tout ça. Si on prend chaque chose une par une c'était effectivement gérable. Mais je me souvient qu'au printemps, quand je me faisait la liste mentale de tous les trucs à faire, j'ai vraiment eu envie de renoncer plus d'une fois. Je me disais que bon, ce serait dommage mais que c'était pas si grave si on lâchait l'affaire. Du coup il faut vraiment rendre hommage à l'Homme, qui a été extraordinairement moteur durant tout le processus.

Et maintenant on y est, depuis un trimestre, et la simple vue d'un panneau de rue en allemand me remplit de joie comme au premier jour (et la consommation de Ritter Sport me remplit également de joie comme au premier jour).

Sérieusement les gens, j'en reviens vraiment pas.

tenor (1)

Moi, à chaque fois que je prends mon petit vélo et que je me déplace dans la ville, TOUS les jours.